La cuisine adaptée : une pièce à vivre pour tous

cuisines adaptée

D’ici 2035, environ 30% de la population française aura 60 ans ou plus (Insee), ce qui représente 20 millions de Français. Afin de maintenir l’autonomie des seniors, l’habitat doit répondre aux problématiques d’accessibilité et de confort. Il en va de même pour les 12 millions de Français touchés par un handicap : 850 000 d’entre eux ont une mobilité réduite, 2 à 3% sont en fauteuil roulant et 13,4% sont concernés par une déficience motrice. La cuisine, pièce maîtresse de l’habitat, doit s’adapter pour que le plaisir de cuisiner et de partager reste intact.

Fluidifier la circulation, la règle n°1

La première règle lorsqu’il s’agit de penser une cuisine adaptée est de faciliter la circulation entre les différentes zones qui sont pensées en amont : provision, préparation, rangements, cuisson et lavage. Si la cuisine est fermée, il faut s’assurer qu’un fauteuil puisse passer facilement la porte : il est alors indispensable de laisser 90 cm de passage. Par ailleurs, investir dans des portes coulissantes est un investissement judicieux : sans débattement, elles facilitent le passage d’une pièce à l’autre. Mais si la porte est battante, il faut prévoir 90° d’ouverture.
Que la cuisine soit ouverte ou fermée, il faut assurer une aire de rotation du fauteuil si elle s’adapte à une personne en situation de handicap. Dans ce cas, il faut prévoir un passage d’1,50 m (hors débattement de portes, le cas échéant) entre les appareils ménagers, les meubles et les parois, afin de permettre de manœuvrer sur 360° sans contrainte. Parfois, 1,30 m suffisent s’il existe de l’espace libre sous au moins l’un des plans de travail.

Adapter les meubles à des zones d’atteinte différentes

Qui dit cuisine aménagée dit rangements. Pour s’adapter à l’utilisateur, il faut penser aux contraintes qu’il rencontre et notamment à la problématique de l’accessibilité des meubles hauts et des meubles bas. Or, les dimensions standards des cuisines sont pensées généralement sur la base d’un individu valide d’une taille d’1,70 m. Mais, pour un usager en fauteuil roulant, les zones d’atteinte verticale doivent se trouver entre 40 cm et 1,30 m.  Au-delà d’1,30 m les rangements lui sont inaccessibles. Quant aux rangements bas, ils doivent se situer au minimum à 25 cm du sol pour permettre le passage des repose-pieds du fauteuil. Pour une personne âgée, l’accès à des rangements hauts peut aussi poser problème, surtout si sa mobilité est réduite. Pour les seniors, on estime que la zone d’atteinte idéale est située entre 60 cm et 1,60 m, contre une zone de 20 cm à 1,80 m pour une cuisine standard. Il faut donc veiller à installer des meubles qui ne soient ni trop hauts ni trop bas… Enfin, pour les seniors, multiplier les points d’appui voire les assises est fortement recommandé.

Des rangements optimisés


En règle générale, la cuisine PMR est équipée de systèmes avec coulisses à galets ou à ouverture et à fermeture assistée. Ils demandent moins d’efforts dans les bras et le dos. Il est préférable, de même, d’éviter les placards et tiroirs trop profonds pour faciliter l’accès à leur contenu.
Ainsi, les fabricants proposent désormais des meubles de rangement aux systèmes d’ouverture et de fermeture faciles ; soit grâce à un système « push and pull » qui permet d’ouvrir et de fermer les portes par une simple pression de la main ou du genou, par exemple, soit motorisés, permettant alors une ouverture et une fermeture sans contact, à distance.

Un plan de travail et un évier à hauteur adaptée

Équipement important dans l’implantation d’une cuisine, le plan de travail doit s’adapter à la taille des occupants de la maison.

  • Ainsi, pour une personne en fauteuil, il doit être placé à hauteur confortable, soit à 70 cm du sol en moyenne (contre 90 cm à 1 m pour une hauteur de plan standard) et sa profondeur maximale ne peut dépasser 65 cm. Pour un senior, le plan de travail sera plutôt placé à environ 85 cm du sol ou entre 60 et 65 cm du sol si l’on prévoit une assise.
  • Dans le cas d’une cuisine partagée par un foyer composé d’une personne en fauteuil ou à mobilité réduite et de personnes valides, le mieux est d’opter pour un plan de travail escamotable voire motorisé. Il s’adapte ainsi à des hauteurs différentes en fonction des personnes qui l’utilisent. Quant à l’évier PMR, il est préférable de le choisir à double cuve et d’une profondeur maximale de 16 cm à positionner à hauteur de fauteuil. Opter pour un modèle à l’avant incliné permet une saisie plus facile des ustensiles lourds dans la cuve. Il sera installé de préférence sur un plan à hauteur de 85 cm. Là encore, des versions escamotables existent et sont à privilégier si la cuisine est partagée, afin de s’adapter aux différents usagers. Côté robinetterie, les nouveautés ne manquent pas et les robinetteries électroniques permettent de supprimer toute manipulation. Elles peuvent également réguler le débit et la température. Une option idéale pour éviter les risques de brûlures auxquelles peuvent notamment s’exposer les personnes âgées.

Des appareils électroménagers sécurisés…

De plus en plus performants, les appareils électroménagers se multiplient en cuisine. S’ils sont synonymes de confort au quotidien, ils peuvent vite être une contrainte et un danger pour une personne handicapée et/ou âgée. Ces personnes sont, en effet, avec les enfants, les personnes les plus exposées aux risques d’accidents domestiques. C’est pourquoi les fabricants d’électroménager proposent désormais des modèles de tables de cuisson sécurisés, tels que plaques à induction proposant une option de verrouillage de sécurité. Celles-ci ont détrôné les cuisinières et tables de cuisson à gaz : elles sont plus intuitives et évitent les risques de brûlures, mais aussi les incendies domestiques et les intoxications liés à l’usage du gaz.

…et ergonomiques.

Par ailleurs, les équipements électroménagers doivent, eux aussi, être installés à bonne hauteur pour le confort de l’usager.  Ainsi, on privilégie de plus en plus les lave-vaisselle et les fours situés à hauteur de buste, pour éviter de se baisser et de solliciter le dos ou faciliter la prise en main pour une personne en fauteuil, en fonction des zones d’atteinte prédéfinies. Par ailleurs, les ouvertures de four ou de lave-vaisselle peuvent désormais s’effectuer par un système de glissement. Dénommé « slide & hide », il est proposé par certaines marques d’électroménager sur quelques modèles. Dans ce cas, la porte est intégralement escamotable, permettant non seulement un gain de place à l’ouverture – utile dans le cas d’un utilisateur en fauteuil – mais aussi un accès à la totalité de la cavité du four sans difficulté. Quant à la  hotte, elle se fait murale et pilotable à distance via une télécommande.
Pour une cuisine plus ergonomique, les cuisinistes capitalisent désormais sur du mobilier escamotable, facilement accessible à tous.  Pour répondre aux besoins des personnes en situation de handicap, seniors ou à mobilité réduite, la cuisine doit sortir des codes standards. Pour ce faire, chaque projet doit être étudié et conçu par un agenceur ou un cuisiniste compétent en la matière. En effet, chaque cuisine répond à des besoins personnels et doit être, avant tout, à l’image de son ou de ses usagers.