Aérovoltaïque : le solaire de demain ?

Aérovoltaïque

Aujourd’hui démocratisés, les panneaux solaires permettent de produire sa propre électricité, dans le cas de panneaux photovoltaïques, ou bien de l’eau chaude sanitaire et/ou du chauffage dans le cas de panneaux thermiques. Désormais, on peut aussi compter sur l’aérovoltaïque, une solution mixte qui nécessite le même type d’onduleurs que le photovoltaïque et permet aussi de revendre tout ou partie de son électricité. Mais c’est aussi un peu plus que cela…

Photovoltaïque VS aérovoltaïque

En effet, l’aérovoltaïque allie la production d’électricité à base de panneaux photovoltaïques à la récupération de la chaleur pour en faire un usage domestique. En réalité, cette « prouesse » technique est rendue possible par la valorisation des deux faces des panneaux solaires. En d’autres termes, nous connaissons le système de panneaux photovoltaïques pour l’utilisation qu’il fait de l’énergie du soleil, à savoir la transformer en électricité. Mais ce qui est moins connu c’est que cette production d’électricité crée de la chaleur sur la face arrière des panneaux. Or, avec un système photovoltaïque simple, celle-ci est perdue. Et pas qu’un peu ! On estime en effet que cette chaleur représente environ trois fois la production électrique du système !
Si les panneaux photovoltaïques transforment la lumière solaire en électricité mais ne tirent aucun profit de la chaleur ainsi générée, cette dernière est pourtant disponible immédiatement et gratuite. Avec un système aérovoltaïque, le principe est donc de ne pas perdre cette chaleur mais de la récupérer et d’en faire bon usage. Il fallait y penser !

Aérovoltaïque : mode d’emploi

Mais clairement, comment cela fonctionne-t-il ? L’aérovoltaïque valorise les deux faces des panneaux. Ce faisant, il optimise aussi leur rendement. Car, qui dit surchauffe dit aussi endommagement potentiel des panneaux photovoltaïques et donc impact sur leur rentabilité et leur durée de vie. En redistribuant la chaleur ainsi obtenue sous les panneaux, le système aérovoltaïque optimise la production électrique et permet d’obtenir, en moyenne, 10% d’électricité en plus. Mais cela ne s’arrête pas là.
La deuxième action consiste à aspirer la chaleur produite sous les panneaux et à la rediriger vers l’intérieur de l’habitat au moyen d’une gaine. Une fois dirigée vers une unité de ventilation, la chaleur ainsi acquise est redistribuée dans l’habitat via des bouches de sortie d’air. Ainsi, on bénéficie d’un système de chauffage naturel et direct et l’impact sur les économies de chauffage – premier poste de dépenses des foyers –  est appréciable. Les fabricants estiment en effet que les économies de chauffage ainsi réalisées peuvent atteindre jusqu’à 50% de la facture énergétique.
Avec le système aérovoltaïque et sa capacité à récupérer l’air chaud, donc à éviter la surchauffe des panneaux au profit d’un meilleur rendement photovoltaïque, l’air ambiant est aussi agréable l’hiver que l’été. Par ailleurs couplée à un système de ventilation, une installation aérovoltaïque permet une meilleure qualité de l’air. La purification de l’air ambiant est ainsi estimée à 95% par les professionnels.

Une fiscalité encourageante

Deux-en-un, la solution aérovoltaïque est encore méconnue mais pourrait bien faire de l’ombre à la seule installation photovoltaïque. Plus démocratisée, cette dernière a été encouragée par les services fiscaux jusqu’à récemment. Mais celle-ci ne bénéficie plus des mesures fiscales destinées à encourager les travaux d’aménagement et de rénovation dans le cadre de la transition énergétique. Comprendre : l’installation de panneaux photovoltaïques n’est plus éligible au CITE, le crédit d’impôt sur la transition énergétique (à 30%) depuis 2014. L’aérovoltaïque, lui, oui ! Car il est considéré comme un type de chauffage solaire. Et pour cause, sa puissance thermique est largement supérieure à sa puissance photovoltaïque. Ce système impacte donc directement la consommation liée au chauffage domestique. L’aérovoltaïque donne également droit à certaines aides régionales, à la TVA réduite à 5,5% ainsi qu’à l’emprunt à taux zéro.

Ces aides financières ne sont pas négligeables, car cette solution demeure aussi plus onéreuse que les autres technologies solaires. Pour une installation de 3kWc (correspondant à sa puissance maximale), comptez de 16 000 à 20 000 euros contre une fourchette de 8 000 à 12 000 euros pour une installation photovoltaïque simple de taille équivalente. Si la source d’énergie, le soleil, est gratuite et inépuisable, le coût initial de l’installation, lui, n’est pas encore à la portée de tous…